mardi 1 mai 2007

Pilou

Pilou était un furet mâle de trois ans et quelques mois, de couleur chocolat arlequin.

Son histoire et longue, et j'avais envie de la raconter, pour lui, pour moi, car la relation entre nous était tellement forte ...
Je n'ai mis que quelques photos, et j'ai préféré privilégier les plus belles ne voulant pas le montrer au plus mal de sa maladie ...
Je préfère penser à lui dans ses meilleurs moments ...



Tu es arrivé dans ma vie, une après-midi de mars 2004 … Je ne connaissais rien de ton espèce, mais je savais que je voulais un furet. Je t’ai cherché un sacré moment avant de te trouver enfin, au fin fond d’une cage d’animalerie …
Toi, tu ne me regardais même pas, trop occupé à ce qui allait être ton activité favorite : la SIESTE !
Je ne connais pas ta date de naissance, ni tes origines … Peu m’importe, ton doux regard m’a fait craquer …

Je t’ai ramené dans une boîte, et tu déployais des trésors d’ingéniosité pour en sortir ! Tu es arrivé à la maison, tu as découvert TA maison, et ce qui allait être ta super copine, Saël. Après quelques jours de « free fight » vous avez fini par vous entendre et ce fut le début d’une jolie entente …

Nous avons vécu heureux, tu me faisais rire de tes facéties, tes cabrioles … Tu étais très possessif envers moi, et l’intrus masculin tu as bien su le remettre à sa place, en lui montrant que tu étais chez toi et pas lui !!!
Tu me prouvais que tu étais attaché à moi en me faisant plein de bisous, de câlins, tu me suivais partout !!! Tu as découvert les balades en extérieur : l’extase !!!!
Tu n’avais peur de rien ni de personne, tu bravais tous les chiens que tu croisais jusqu’à les faire reculer (je me souviens du gros rottweiller dont tu as croqué le nez …)
Notre bonheur a duré un peu plus d’un an … Et puis … Cet été 2005, le drame …

Tu commences à dépérir, je ne sais que faire pour te soulager, tu ne manges plus, tu faiblis … je t’emmène en urgence chez le véto, prévenant mon boulot que je serai en retard …
Le traitement fait effet, mais dès l’arrêt tu rechutes … Je sens que tu me demandes d’abréger tes souffrances … Ce que je consens avec douleur, quand le véto me propose une ultime chance : l’opération. Au moins aurons-nous tout tenté, sans regret.
Ô miracle, il trouve un kyste du pancréas, et te voilà réveillé, dans TA maison, près de moi. Avec un traitement certes mais en vie et sans souffrance !!! Quel bonheur !!!!!

Seulement, tu ne retrouves pas ta joie de vivre ! Je sais ce qui pourrait t’aider ! Je t’emmène choisir ta nouvelle compagne. Après les avoir regardées, ton choix se porte sur une petite furette grise. Tu la prends par la peau du coup, délicatement, et tu me regardes : « c’est elle que je veux ! »

Nous repartons avec Ayla. Quelle bonne idée ! Grâce à elle, tu sais ce que tu étais, tu sais tout ce que tu es capable de faire ! Là, je retrouve le Pilou que je connais !

La maladie ne se fait pas trop présente, et nous vivons au rythme des piqûres et des visites de routines … Les mois passent … et puis, début 2006, rechute rapide, malgré les piqûres. Cela ne suffit plus … Tu es de nouveau tellement mal que te laisser partir dans la dignité revient au goût du jour.
Résignée, je t’emmène pour ta dernière « balade », le cœur déchiré, mais tu décides que ce n’est pas le moment, et tu nous prouves à tous que tu es plein de ressources !!!
Nous voilà repartis, toi et moi …

Et puis on déménage, nouvelle maison, nouveau véto. Ton état n’est pas au mieux … Nous faisons le point avec ce véto qui ne te connais pas. Il fait tout ce qu’il peut, tu fais des complications. Nous pensons encore une fois à te laisser partir, mais c’était sans compter ta détermination et ton goût pour la vie !!!
Je vous emmène, Ayla et toi, en balade, pour aller chercher un nouveau copain.
Tu fais la connaissance de Stitch et de ses frères et sœurs, et apprécies leur papouilles et câlins comme un bienheureux.
Nous rentrons, vous êtes trois.
Un autre traitement ne te réussit pas, mais nous pouvons reprendre l’ancien, mieux adapté.
Et là, c’est de nouveau le bonheur.

Corail arrive, vous voilà quatre ! Quatre adorables furets, plein d’amour à me donner, à vous donner …
Un an passe, cahin caha, quelques rechutes « moindres » font de l’ombre au tableau, mais dans l’ensemble, ce fut une année formidable.
Tu arrives au mieux de ta forme, le calme avant la tempête ….

Ce week-end d'avril 2007 … Cet horrible week-end … La rechute de trop …
Je te vois sans appétit, sans force, arrivant avec tant de peine à tenir sur tes pattes … Je te vois perdu, seulement (à peine) apaisé dans mes bras …

Cette fois, je sais que ça approche, que cette fois tu es bout de tes forces …
Je t’emmène chez le véto. Il te trouve également mal en point … Le pronostic est plus que réservé. Il te garde, tente de te sauver, sans succès.
Tu as développé un diabète avancé, une insuffisance rénale en plus de ta maladie … l’évidence tombe … Je DOIS te laisser partir … J’en ai pas le droit de t’imposer la vie qui s’impose à toi …
Hélas, tu souffres trop pour m’attendre, et je ne peux pas être égoïste au point de te garder en vie pour pouvoir être là et moins culpabiliser de te laisser partir sans moi. Je ne t’ai pas abandonné Pilou, je ne cesse de penser à toi et je m’en veux de ne pas avoir été là … Mais je ne pouvais pas te demander encore de m’attendre … Je t’ai donc laissé partir …
Mais je t’ai accompagné en pensées, te parlant sans cesse …
Tu m’as offert le plus beau des cadeau : ton amour et ta confiance. J’ai fait ce que j’ai pu pour que tu aies la meilleure vie qui soit.

Je me souviens de ton doux regard dans le mien
Je me souviens de tes demandes de câlins,
Je me souviens de tes énervements quand je ne t’amenais pas à manger assez vite ou quand il était l’heure de sortir de cage
Je me souviens des positions les plus délirantes que tu pouvais prendre pour dormir
Je me souviens de tes sorties, de ton air heureux te frottant sur l’herbe fraîche
Je me souviens de ta découverte de la neige, et ton fameux crawl dans la poudreuse
Je me souviens des fois où je t’emmenais, pensant que je ne te reverrais plus et comme tu as fait des pieds de nez à la grande faucheuse
Je me souviens …

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